Plus-value immobilière 2026 : calcul et exonération
En bref : La plus-value immobilière est taxée en France à 36,2 % (19 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), avec des abattements pour durée de détention qui aboutissent à une exonération d'impôt sur le revenu après 22 ans et à une exonération totale après 30 ans. La vente de votre résidence principale reste, elle, exonérée sans condition de durée.
L'essentiel- La plus-value imposable est l'écart entre le prix de cession et un prix d'acquisition majoré de 7,5 % de frais et, au-delà de 5 ans de détention, de 15 % de travaux forfaitaires.
- Les abattements démarrent à la 6e année : 6 % par an pour l'impôt sur le revenu, 1,65 % par an pour les prélèvements sociaux.
- Une surtaxe de 2 % à 6 % s'ajoute lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €.
- La donation avant cession efface la plus-value latente : un levier central dans une stratégie de transmission.
- Comment se calcule la plus-value immobilière en 2026
- Le barème des abattements pour durée de détention
- Les cas d'exonération totale
- Cas pratique : un cadre de 45 ans vend son locatif
- Transmission : l'arme discrète de la donation avant cession
- Questions fréquentes
Un appartement acheté 200 000 € en 2012 vaut souvent 300 000 € aujourd'hui. Cette hausse n'est pas un gain net : le calcul de la plus-value immobilière et les règles d'exonération en 2026 déterminent ce qu'il vous restera réellement. Comprendre ce mécanisme, c'est pouvoir choisir le bon moment pour vendre, arbitrer entre conserver et transmettre, et éviter de découvrir la facture chez le notaire. Voici les règles, les barèmes et deux cas chiffrés pour situer votre propre patrimoine.
Comment se calcule la plus-value immobilière en 2026
La plus-value immobilière est la différence entre le prix de vente d'un bien et son prix d'acquisition corrigé. Elle ne concerne que les biens autres que la résidence principale : locatif, résidence secondaire, terrain, parts de SCPI, biens reçus par succession.
Le prix d'acquisition n'est jamais retenu brut. Vous le majorez de deux forfaits, sans aucun justificatif à produire :
- 7,5 % du prix d'achat au titre des frais d'acquisition (droits de mutation, émoluments du notaire), ou les frais réels si vous les avez conservés ;
- 15 % du prix d'achat au titre des travaux, à condition de détenir le bien depuis plus de 5 ans, ou les factures réelles de construction, reconstruction, agrandissement et amélioration ;
- pour un bien reçu par donation ou succession, la valeur retenue dans l'acte remplace le prix d'achat, et les droits de mutation payés s'y ajoutent.
Attention : les travaux déjà déduits de vos revenus fonciers ne peuvent pas être repris ici. Et les forfaits ne se cumulent pas avec les justificatifs réels — vous choisissez le plus favorable, poste par poste.
La plus-value brute obtenue subit ensuite 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % avant abattements. Le notaire calcule, prélève et déclare pour vous le jour de la signature.
Le barème des abattements pour durée de détention
Le temps est votre premier outil d'optimisation. Les abattements courent à partir de la 6e année de détention, mais à des rythmes différents pour l'impôt et pour les prélèvements sociaux — une asymétrie que beaucoup de vendeurs découvrent tardivement.
| Durée de détention | Abattement IR | Abattement prélèvements sociaux | Taux effectif global |
| 5 ans | 0 % | 0 % | 36,2 % |
| 10 ans | 30 % | 8,25 % | 29,1 % |
| 15 ans | 60 % | 16,5 % | 22,0 % |
| 20 ans | 90 % | 24,75 % | 14,8 % |
| 22 ans | 100 % | 28 % | 12,4 % |
| 30 ans | 100 % | 100 % | 0 % |
Le rythme est de 6 % par an de la 6e à la 21e année pour l'impôt sur le revenu, puis 4 % la 22e année. Pour les prélèvements sociaux : 1,65 % par an jusqu'à la 21e année, 1,60 % la 22e, puis une accélération à 9 % par an de la 23e à la 30e.
S'ajoute une surtaxe de 2 % à 6 % lorsque la plus-value imposable à l'impôt sur le revenu dépasse 50 000 € par cédant. Les terrains à bâtir en sont exclus. Ce régime, en vigueur depuis 2013, reste applicable en 2026 : des pistes de réforme des abattements ont circulé lors des débats budgétaires, sans modification adoptée à ce jour.
Les cas d'exonération totale
Plusieurs situations effacent entièrement l'imposition, quelle que soit la durée de détention. Les principales :
- La résidence principale : exonération intégrale, sans durée minimale, à condition que le logement soit votre habitation effective au jour de la vente (une tolérance d'environ un an est admise si le bien est mis en vente dès le déménagement).
- La première cession d'un logement autre que la résidence principale : vous ne devez pas avoir été propriétaire de votre résidence principale durant les 4 années précédentes, et devez remployer le prix dans l'achat ou la construction de votre résidence principale sous 24 mois. L'exonération est proportionnelle à la part remployée.
- Les petites cessions : prix de vente inférieur ou égal à 15 000 €, apprécié bien par bien.
- L'ancienne résidence principale d'une personne en EHPAD ou en établissement pour adultes handicapés, vendue dans les 2 ans suivant l'entrée, sous plafond de revenu fiscal de référence (environ 30 000 € pour une personne seule, revalorisé chaque année).
- Les non-résidents : exonération plafonnée à 150 000 € de plus-value nette, sous conditions de domiciliation antérieure en France et de délai.
- La détention depuis plus de 30 ans, qui neutralise impôt, prélèvements sociaux et surtaxe.
Une plus-value exonérée n'est pas sans effet administratif : elle reste mentionnée dans l'acte, et une plus-value imposable est reportée sur votre déclaration de revenus (case 3VZ), car elle gonfle votre revenu fiscal de référence et peut faire basculer des seuils comme ceux conditionnant certains allègements d'impôts locaux et les possibilités de contestation.
Cas pratique : un cadre de 45 ans vend son locatif
Prenons Thomas, 45 ans, cadre en région lyonnaise. Il a acheté en 2012 un T3 locatif pour 200 000 € et le vend en 2026 pour 320 000 €. Il n'a pas conservé ses factures de travaux et applique donc les forfaits.
- Prix d'acquisition majoré : 200 000 € + 15 000 € (7,5 %) + 30 000 € (15 %) = 245 000 €
- Plus-value brute : 320 000 − 245 000 = 75 000 €
- Détention : 14 ans, soit 9 années d'abattement → 54 % pour l'IR, 14,85 % pour les prélèvements sociaux
- Impôt sur le revenu : 75 000 × 46 % × 19 % = 6 555 €
- Prélèvements sociaux : 75 000 × 85,15 % × 17,2 % = 10 984 €
Total dû : 17 539 €, soit un taux effectif de 23,4 % sur la plus-value brute. Pas de surtaxe, la plus-value imposable à l'IR (34 500 €) restant sous le seuil de 50 000 €.
S'il attendait 2034 — 22 ans de détention — l'impôt sur le revenu tomberait à zéro et la charge totale à environ 9 300 € à valeur constante. Un calcul à mettre en balance avec le rendement du bien, la taxe foncière et le risque locatif, car conserver huit ans de plus a aussi un coût.
Transmission : l'arme discrète de la donation avant cession
La donation purge la plus-value latente. En transmettant le bien à vos enfants, aucune plus-value n'est imposée au moment de la donation, et le prix d'acquisition du donataire devient la valeur retenue dans l'acte.
Illustration : Michèle, 72 ans, possède depuis 14 ans un studio acquis 90 000 €, valorisé 170 000 €. Si elle vend, la plus-value brute s'élève à environ 50 000 € après forfaits, taxée près de 11 500 €. Si elle le donne à sa fille — qui revend ensuite au prix de 170 000 € — la plus-value est quasi nulle.
Le gain s'ajoute à l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans en matière de droits de donation. Deux garde-fous toutefois : la donation doit être réelle et désintéressée, et l'administration peut requalifier en abus de droit si la vente était déjà engagée ou si le prix revient au donateur.
Pour un patrimoine immobilier plus étoffé, d'autres architectures méritent examen, notamment le passage par une société et la fiscalité d'une holding patrimoniale, ou un recentrage vers de la pierre-papier dont les rendements des SCPI en 2026 relèvent, à la revente des parts, du même régime des plus-values immobilières. Chaque situation dépend de votre âge, de vos revenus et de vos objectifs de transmission : un notaire ou un conseil en gestion de patrimoine sécurisera l'arbitrage.
Questions fréquentes
La vente de ma résidence principale est-elle toujours exonérée ?
Oui, l'exonération est totale et sans condition de durée de détention, dès lors que le logement constitue votre habitation effective et habituelle au jour de la cession. Une tolérance d'environ douze mois s'applique si vous avez déménagé et mis le bien en vente immédiatement. Les dépendances vendues simultanément (cave, garage situé à moins d'un kilomètre) bénéficient de la même exonération.
Quel est le taux total d'imposition d'une plus-value immobilière en 2026 ?
Le taux de base est de 36,2 % : 19 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Ce taux s'applique à la plus-value après abattements pour durée de détention. Une surtaxe progressive de 2 % à 6 % s'ajoute si la plus-value imposable à l'impôt sur le revenu dépasse 50 000 € par vendeur.
Au bout de combien d'années ne paie-t-on plus de plus-value ?
L'impôt sur le revenu de 19 % disparaît après 22 années de détention. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'éteignent après 30 années. L'exonération est donc totale à partir de la 30e année révolue de détention du bien.
Puis-je déduire mes travaux de rénovation de la plus-value ?
Oui, sur justificatifs : les travaux de construction, reconstruction, agrandissement et amélioration réalisés par une entreprise sont déductibles. Les travaux d'entretien et de réparation ne le sont pas, ni ceux déjà déduits de vos revenus fonciers. Après 5 ans de détention, un forfait de 15 % du prix d'achat est applicable sans aucun justificatif, souvent plus avantageux.
Dois-je déclarer une plus-value immobilière à l'impôt sur le revenu ?
Le notaire établit la déclaration et prélève l'impôt le jour de la vente. Vous devez toutefois reporter le montant de la plus-value imposable en case 3VZ de votre déclaration annuelle de revenus, car il entre dans le calcul de votre revenu fiscal de référence. Une plus-value totalement exonérée n'a pas à être reportée.